Page 12 - 70 ans de judo à Mâcon
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— Origines et développement du judo à Mâcon —
Mâcon au cœur du développement du judo
Jean BARNAY avait initié une politique d’essaimage pour développer le judo en milieu rural. Après avoir
créé en 1953 le Cercle de Judo Mâconnais il participa à la création du Judo Club Pontévallois en 1956 où il
enseigna plus de 10 ans.
Il fut aussi à l’origine de celui de Cluny où les cours furent d’abord donnés à l’école d’ingénieurs des
Arts des Métiers puis dans une salle en ville en 1965 jusqu’à la fusion de cette section avec le club de Mont-
ceau-les-Mines en 1967.
Jean BARNAY donna la première impulsion, puis se furent les piliers du Cercle qui continuèrent son en-
seignement : Philippe LAFARGE et Marc PERRET à Saint Laurent-sur-Saône, Pont de Vaux, Louhans et Cluny.
Jean COTESSAT enseigna à Lugny où il créa le club, ainsi qu’à l’école des Arts et Métiers de Cluny et à la fa-
culté de droit de Dijon où il suivait ses études de droit.
André DESBOIS, qui sera plus tard président du club, se souvient que le Cercle avait aussi apporté une
aide matérielle en prêtant des tatamis à Lugny, Pont de Vaux et Vonnas.
Jean BARNAY ne s’est pas impliqué qu’au niveau local : en 1959 il fut avec Louis ROCHE à l’origine de
la création de la Ligue de Bourgogne de Judo dans la Nièvre, et en fut longtemps responsable de la commis-
sion technique.
Une femme en avance sur son temps
Au tout début du judo en France, très peu de femmes pratiquaient ; ce n’était pas dans l’air du
temps. Sauf qu’à Mâcon… il y avait « la Marquise ».
Métheline de ROBIN de BARBENTANE (1921-2016), fille du Marquis de BARBENTANE, habitait le château
familial de Saint-Jean-Le-Priche à coté de Mâcon. Artiste férue de céramique et de photographie, c’était
aussi, et peu habituel pour son époque et son milieu social, une sportive énergique qui pratiquait la gym-
nastique et le judo.
Elle a été demi-finaliste du premier tournoi national féminin, le 7 mai 1950, battue par ‘demi-
point’ (waza-ari) par Suzanne AGISSON avec un ‘5 ème de jambe’ (O-Uchi-Gari). C’est Maître KAWAISHI qui
eut l’idée de ce tournoi « autorisé aux dames titulaires de la ceinture orange », et il dut l’imposer à son en-
tourage car beaucoup de professeurs trouvaient incongru de voir des femmes combattre ; en 1950 elles
n’étaient en France que 130 femmes pour 7500 hommes. Le premier véritable championnat de France fé-
minin ne fut organisé qu’en 1974.
Métheline fut à 32 ans la quatrième française ceinture noire. Elle fut nommée le 3 mai 1953, un
er
mois avant Jean BARNAY lui-même. Entre 1951 et 1965, seulement 50 femmes étaient devenues 1 dan.
En 1944 la ‘Marquise’, informée des actions de son père dans la résistance, a échappé au pire le 31
août. Plaquée au mur du château familial pour y être fusillée, elle fut gra-
ciée par un officier SS belge moins barbare que les autres.
Affiche du tournoi
auquel participa la
mâconnaise en 1950
Une phase du tournoi (les
combattantes ne sont pas
identifiées).
Au fond, Me KAWAISHI
arbitre (distraitement !)
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