Page 9 - 70 ans de judo à Mâcon
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— Origines et développement du judo à Mâcon —


             Jean BARNAY, un pionnier

                                      Quand beaucoup de judokas mâconnais ont débuté dans les années 60, Jean
                                 BARNAY leur professeur était 3 ème  dan, un grade rare à l’époque. Même si certains de
                                 ses élèves l’ont dépassé en grade, aujourd’hui encore ils ne le nomment pas autre-
                                 ment que ‘Maître BARNAY’, ou plus familièrement ‘Toto BARNAY’. Dans le judo, on
                                 n’oublie  jamais  le  premier  professeur  de  son  premier  club;  même  les  plus  grands
                                 champions et les grands Maîtres le savent bien.

                   Jean ‘Toto’ BARNAY (1922-1997) travaillait à l’imprimerie Protat, derrière l’église Saint Pierre de Mâ-
             con . C’était un homme discret et modeste qui ne se déplaçait qu’en Solex. Quand il devait amener ses
             compétiteurs en championnat, il empruntait la vieille « Juvaquatre » de son beau père.
                   C’était un sportif accompli ; il a 8 ans en 1930 quand il entre à l’Union Mâconnaise pour y faire de la
             lutte, sport dont il deviendra champion du lyonnais en 1943 (pendant l’occupation, Mâcon était rattachée
             au lyonnais, pas à la Bourgogne). Après la guerre il glane en Bourgogne une dizaine de titres en lutte gréco-
             romaine et en lutte libre, puis en 1947 il est sur la troisième marche des championnats de France. L’année
             suivante il empoche la médaille d’argent aux « France ».
                   C’est probablement la lutte qui l’a amené au judo. Jusqu’en 1946, date de la création de la Fédéra-
             tion Française de Judo, celui-ci n’était qu’une section de la Fédération Française de lutte.
                   Jean BARNAY débute donc le judo en 1947 à Paris au fameux Ju-Jitsu Club de France, le club de Me
             KAWAISHI, qui deviendra  ensuite le Judo Club de France. Ce dernier avait dû quitter la France à la libération
             et il ne rentrera du Japon qu’en 1948, mais on peut penser qu’à ses débuts Jean BARNAY a pu côtoyer le
             grand Maître.

                   Jean  BARNAY  et
             Me  KAWAISHI  se  sont
             revus  plus  tard  au
             moins  une  fois.  Peu
             après  la  création  par
             ‘Toto’ du Judo Club Pon-
             tévallois  (Pont-de-Vaux
             est une petite ville à 20
             kilomètres  de  Mâcon),
             une  rencontre  amicale
             est  organisée  à  la  Salle
             des Fêtes par Jean BAR-
             NAY et arbitrée par Me
             KAWAISHI !
                   Philippe  LAFAR-
             GE, jeune ceinture jaune            Un cours de Mikinosuke KAWAISHI au Ju-Jitsu club de France en mars 1944.
             d’une quinzaine d’années et futur président du club, y a participé et en a encore aujourd’hui un souvenir
             précis : il était opposé à Jean-Pierre VEBER un camarade du Cercle, et il commit une faute de comporte-
             ment.  Après le combat Philippe fut interpellé par Me KAWAISHI qui lui fit la leçon,
             mais sans vraiment lui donner tort. C’était il y a longtemps, dans les années 56 ou
             57, mais il est des instants qu’on n’oublie pas.

                   Mais le véritable professeur de Jean BARNAY au Ju-Jitsu Club de France fut
             Roger GUYENNON, mâconnais d’origine, qui était aussi professeur de judo à Vilge-
             nis dans la région parisienne, au centre de formation des mécaniciens d’Air France.
                   Jean BARNAY habite à Mâcon mais apprend le judo à Paris. Pas d’autoroute
             et pas de TGV qui relient les deux villes; imaginons la volonté qui devait l’animer
             pour se rendre aux entraînements. Mais il s’accroche, obtient la ceinture marron
                                                                                        Roger GUYENNON, le pro-
             en 1951, et ouvre chez lui une salle de judo qui n’était pas encore un club.
                                                                                         fesseur de Jean BARNAY

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